La réplique de l’IDAL

La capitale Liban, Beyrouth.
La capitale Libanaise, Beyrouth.

Dernièrement attaquée notamment par le Magazine Executive qui s’interroge dans un article sur la gouvernance de cette institution qu’il estime mauvaise, l’IDAL (Investment Development Authority of Lebanon) réplique en annonçant la constitution de 4 zones industrielles dans différentes régions libanaises.

Etablie en 1994 et répondant directement au Premier Ministre Libanais et non à une quelconque autre tutelle, l’IDAL a pour objectif de promouvoir l’investissement étranger au Liban dans différents secteurs, dont l’Industrie, l’agriculture, l’industrie agro-alimentaire, le tourisme, l’information, la communication et les technologies liées ainsi que dans les médias. Depuis par exemple, l’IDAL a permis notamment de simplifier les opérations administratives permettant l’installation de  sociétés étrangères au Liban. Ils auraient encore permis de mener à bien plus de 35 projets différents pour une somme totale de 500 millions de dollars – dont 71% dans le secteur touristique et 25% dans le secteur industriel sans plus de détails – et la création d’un peu plus de 1500 emplois . Détail important à souligner, 90% de ces investissements sont effectués par des ressortissants libanais résidant à l’étranger, ce qui dénote tout de même un problème au niveau de l’attractivité du Pays des Cèdres au niveau international.

C’est sur le constat qu’en réalité, l’investissement étranger au Liban continue par décroitre, de 4,28 milliards en 2010, 3,67 milliards de dollars en 2012 pour atteindre seulement 2,83 milliards en 2013 et cela en raison des conditions politiques et géopolitiques difficiles par lesquelles passe le Pays des Cèdres, mais également, selon le magazine, en raison du nom renouvellement du Conseil d’Administration de l’IDAL, nommé en 2005 – dont il précise toujours sous l’hégémonie syrienne – et dont le mandat est arrivé à expiration en 2009 et qui s’attaque à son incompétence, selon ce média, en soulignant l’absence de stratégie. Cependant, Executive convient que les crises politiques que connait depuis lors et la paralysie politique qui s’en suit a bien entendu impacté l’institution publique mais que cela n’exonère en rien la responsabilité d’un leadership qui utilise cette excuse pour expliquer ses échecs et suggère qu’un sang nouveau doit arriver à la sa tête afin de la relancer.

Et effectivement pour sa défense, outre la situation politique et économique qui est guère favorable, comme toute autre institution étatique et elle même le convient par l’intermédiaire de son président, Nabil Itani, l’IDAL souffre de certains maux, comme l’absence de nombreux fonctionnaires, 21 à l’heure actuelle en activité pour plus de 80 postes. La paralysie de l’état, comme l’absence de budget, l’absence de toute politique économique claire, le fait qu’aucune modernisation du cadre économique via les lois ne peut être effectuée, vacances parlementaires obligent, sont autant de raisons pour que cette institution ne puisse accomplir ses taches. Cette institution réplique aux critiques précédentes par un plan visant à établir des zones industrielles sensées attirées des FDI dans le Sud Liban, dans le Nord Liban et dans la plaine de la Békaa. Cette annonce, qui suit les attaques subies par ses dirigeants dans la presse semble plutôt être une réponse dans l’urgence puisque peu de détails sur les zones proposées – avec notamment un soucis environnemental et on a pu être témoin des incidents qui se sont déroulés quand les frères Fattoush ont voulu monter une « cimenterie » à Zahlé – , le type d’industrie concerné à juste titre, etc… et surtout ce plan doit être encore examiné et approuvé par le gouvernement libanais, ce qui est loin d’être acquis.

Ce que ne disent aucune de ces 2 parties, et c’est sur ce point que doit principalement porter le débat, c’est qu’investir au Liban, coute en fin de compte cher et le retour sur investissement n’est peut-être pas garanti en raison des différents écueils que la situation actuelle pose. A l’exemple des investissements dans l’immobilier, le Liban est cher et beaucoup trop cher par rapport à ses concurrents régionaux et internationaux. De plus, contrairement aux pays du Golfe par exemple auquel il aime se comparer, le Liban n’a pas de connu de hausse significative de son pouvoir d’achat, bien au contraire.  Plus encore, la structure économique même du Pays, avec les agences exclusives ne permet pas la libre concurrence et donc ne permet pas l’abaissement des couts d’entrée des acteurs tant aussi bien locaux mais également étrangers.

François el Bacha

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