Le Musée National de Beyrouth (Liban)

Petite virée la semaine dernière au Musée National de Beyrouth, dont on entendait souvent parler petit, non pas comme un lieu de culture mais plutôt comme un point de passage entre Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest, la ligne de démarcation passant en fait par la principale route située à proximité. Le bâtiment avait souffert, mais l’essentiel des collections a été sauvée suite à l’action du directeur de la Direction Générale des Antiquités, Maurice Chéhab, qui avait réussi à faire évacuer la plupart des artéfacts, mis à part de la pièce maîtresse du tombeau d’Ahiram qui a dû être bétonnée et de quelques mosaïques, éventrées pour servir d’abris aux francs-tireurs.

Passons sur ces vicissitudes de l’Histoire contemporaine pour nous intéresser à l’Histoire ancienne. Le Musée National de Beyrouth était destiné à accueillir l’ensemble des pièces découvertes sur le territoire libanais, un monopole de facto aujourd’hui remis en cause par l’ouverture des musée locaux comme celui de Byblos que nous avons déjà abordé ici, les collections actuelles ne semblant pas s’être enrichies par rapport à ce que je connaissais déjà depuis quelques années, il s’agit en effet des mêmes pièces archéologiques et autres que celles qu’on pouvait déjà voir depuis plus de 10 ans.

On peut en effet se poser la question de savoir ou sont les nouveautés, pourquoi le Musée National n’expose pas de nouvelles pièces historiques, mis à part les pièces issues des réserves et endommagées par la guerre civile? Pourquoi il ne s’est pas étendu à la faveur des nombreuses fouilles effectuées au centre ville de Beyrouth après la guerre civile? Ou sont ses pièces? Pourquoi ne pas faire des expositions « tournantes » afin de rafraîchir et ainsi de promouvoir – avec ses nouveautés anciennes – la fréquentation de cette institution au combien importante pour une nation. Il s’agit en effet des pierres angulaires et fondatrice d’une identité libanaise.

Bref passons sur ces quelques interrogations néanmoins cruciales, pour passer aux collections présentes et qui se disposent sur 2 étages, à commencer par les pièces phéniciennes – dont une fabuleuse et gigantesque statue de Melkart, le fameux tombeau d’Ahiram, roi de Byblos ou se trouve gravée la première phrase de l’Humanité et les différentes figurines et autels et notamment les trônes d’Astarté.

La tombe d’Ahiram, roi de Byblos, exhumée dans les années 1920 par une équipe française, est une pièce exceptionnelle, l’une des seules d’ailleurs à être restée dans le musée en dépit des combats, devant l’impossibilité technique de la déplacer durant la guerre civile. C’est dans un coffrage de béton qu’elle a pu passer, sans encombre cette période trouvée de l’Histoire moderne du Liban.

 

Sur la droite, on trouvera les pièces helléniques et romaines, sarcophages aux riches décors dont celui de la victoire d’Achille. Il s’agit essentiellement de pièces funéraires, coexistants tout de même avec les ex-voto du temple d’Echmoun et des statues de l’époque romaine dont une Vénus.

Au deuxième étage, se trouvent les objets plus petits mais aussi importants des différentes époques, allant de la préhistoire libanaise aux époques plus récentes dont les périodes phéniciennes sous occupation égyptienne, perse, grecque et hellénique.  Il est à remarquer la collection de monnaie. il est très dur de voir ces pièces sur le marché numismatique, ce qui fait de la collection présente au Musée National, un caractère exceptionnel pour le numismate – c’est à dire le collectionneur de monnaie ancienne – que je suis. 

Un Musée donc à voir, même si on aurait pu s’attendre à voir cette institution s’enrichir … 

3Comments

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  1. 1
    Ishtar

    ce qui a été trouvé à Beyrouth ne remplirait pas seulement le Musée de Beyrouth, mais pourrait en faire un autre, et peut-être plusieurs autres … Mais où sont ces pièces ? Où est notre héritage historique et culturel ? Où est notre identité ?

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