Notion de Progrès

Cela fait quelque temps déjà, qu’une question me taraude, il s’agit de savoir si oui ou non, la notion de progrès est réellement bénéfique à l’Humanité, et alors que se multiplient différentes « catastrophes », certaines dont les effets sont immédiats, d’autres au plus longtemps, on peut citer la question de l’utilisation du nucléaire déjà échaudée avec l’incident de Tchernobyl et aujourd’hui l’incident de Fukushima, et pourtant nécessaire toutefois pour lutter contre le réchauffement climatique et alors que la limite pluie/neige entre autre, pour ne pas citer que la désertification ou la montée des eaux voir des incidents climatiques telles que l’effet El Nino, des tornades au calendrier de plus en plus incertain, etc… démontre en fin de compte que notre Progrès, ben, ce n’est pas le Paradis sur Terre. Loin de ces constats bien terre à terre – façon de le dire – donc, il faut revoir la notion même de progrès par conséquent.

La réflexion de départ a été celle de savoir – et si on retournait vers l’âge de pierre, saurait-on encore réinventer le feu? Il est tout simplement vrai qu’avec les progrès de l’Humanité, on se passe aisément du bon vieux silex. Saurait-on encore utiliser la pierre pour faire du feu? En d’autres termes, saurait-on survivre sans « outils modernes » pas si modernes? Reviendrait-on à savoir comment utiliser une sagaie en lieu et place de l’ordinateur pour travailler ou du fusil pour chasser. Serait-on capable de cultiver la terre sans machine? Cueillir des fruits, peut-être à la rigueur mais il est sans doute loin, le temps où nous arrivions à l’autosuffisance alimentaire. Nous crèverons donc tous de faim. Notre mode de vie actuel, en réalité, est un facteur limitant à la survie de l’Humanité.

On peut multiplier les exemples mais prenons des choses beaucoup plus simples. Savoir fabriquer et utiliser un arc pour chasser et se nourrir. Combien d’entre nous – aujourd’hui-  iraient simplement sur le Net, trouver un mode d’emploi, commander des solutions toutes faites sans pour autant savoir les utiliser. Combien d’entre nous ont dématérialisé la connaissance via même le fait qu’il n’y ait plus des livres qu’on puisse acheter si besoin est, mais simplement Internet, jusqu’à ne l’utiliser qu’à l’offre et à la demande donc. Nul n’a certes besoin de tous les composants nécessaires à confectionner une arme ou plus pacifiquement un outil, mais au delà de cela, combien de personnes n’ont plus de culture générale? Il suffit d’aller dans quelques facs où il est regrettable de voir que « nos brillants cerveaux », qui, au-delà même de leur domaine même d’expertise, sont parfois bien vides et ne sauraient se débrouiller dans une vie bien quotidienne. Cela mérite alors quelques réflexions sur nos acquis et nos instincts innés, puisque la survie est une chose, une connaissance au final, innée qu’on est en train malheureusement de perdre à l’échelle individuelle déjà.

N’évoquons même pas le cas des progrès d’ordre technologiques mais que l’Humanité n’était peut-être pas prête à assumer. Une simple évocation de la fameuse phrase de Robert Oppenheimer, l’un des pères de la Bombe Nucléaire, dont l’original est tiré en réalité d’une œuvre Sanskrit la « Bhagavad-Gītā« ,  « Je suis le Temps, qui en progressant, détruit le monde » à l’issue du premier essai de la bombe. Le temps est ici bien vicieux. On se croyait invincible, peut-être croyait-on également avoir vaincu par notre science en changeant la Nature – qui fini toutefois par se rebeller d’une bien belle mais dangereuse manière -, si on se place dans une optique philosophique athéiste ou Dieu si on se place dans environnement plus pieu. La médecine a bien progressé, nous permettant de repousser les dégâts et les affres du temps. Notre espérance de vie est sans cesse repoussée, nous vivons de plus en plus vieux, botoxés, rafistolés, prothésés, tirés par la peau, et peut-être un jour saurait-on réparer même notre matière grise mais nous consommons également de plus en plus longtemps de bien maigres ressources que cela soit à une échelle locale ou même à une échelle planétaire. Le Progrès même bénéfique, aurait-il alors des effets indésirables comme tout médicament? Doit-on donc avoir une notice d’utilisation au progrès qui ne nous a pas été donnée lors de la naissance de l’Humanité? A cette question, il faudrait peut-être répondre alors par l’affirmative. De plus en plus nombreux, nous avons de moins en moins à partager, de plus en plus, l’Homme devient un Loup pour l’Homme.

Certains évoquaient, ma formation d’économiste revient ici dans cette parenthèse, une décroissante économique pour mettre fin donc, aux dégâts que l’Homme inflige à la Nature, ces discussions intervenaient, il y a de cela une dizaine d’années, à l’évocation d’une possible taxe carbone. A cette conception de décroissance, j’étais opposé et je le suis toujours d’ailleurs. Nos ressources sont bien maigres mais il faudrait plutôt mettre des limites et savoir « gérer nos stocks ». Si on consomme trop, les prix augmentent, le marché devrait alors se réguler et la demande baisser. Cependant, le progrès sans cesse améliore les performances, certes peut-être on produit moins de carbone par habitant dans certains secteurs économiques mais puisque de plus en plus de pays accèdent à un niveau de développement, la taille globale des rejets, elle, augmente toujours. D’autres évoquent une possible raréfaction voir la disparition des poissons d’ici 50 ans. L’amélioration des techniques de pêche devrait augmenter les prises. Cependant, la raréfaction des poissons a pour conséquence de diminuer les prises en réalité. Paradoxalement donc, plus on progresse et plus on scie la branche sur laquelle on est assis. Il faudrait par conséquence mieux contrôler les gaspillages, mieux répartir les ressources, mieux offrir des solutions techniques aux pays qui souhaitent se développer en accord avec leur nature, leur environnement. Fermons ici cette parenthèse.

Le Progrès efface donc le concept d’Humanité qui nous différencie de l’Animal. Nous redevenons Animal en perdant notre Conscience, contredisant mais également en admettant paradoxalement et en quelque sorte la philosophie Aristotitienne selon laquelle l’Homme est un Animal Social. Doit-on pour autant recourir alors à des dérives malthusiennes et limiter notre propre évolution via des pratiques eugéniques ou limiter le Progrès et rétablir une sorte d’équilibre et ainsi faire place à la Nature qui est ce qui est autour de l’Homme mais qui n’est pas l’Homme. L’Humanité ne doit-elle, donc, pas retrouver un état primitif, en d’autre terme, réintégrer la Nature qu’elle aurait quitté, selon certains, chassé par Dieu du Paradis? Parce que de Paradis, l’Homme transforme bien la Terre en enfer.

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